Rapports Des Activités De la CCFA

Incertitudes dans les pays arabes et équilibre du marché mondial des hydrocarbures

Country CCFA, mayo 12, 2011

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  « Aujourd'hui, on est tenté de lier le prix du pétrole à ce qui se passe dans le monde arabe » a fait remarquer, d'emblée, M. Sarkis, à son auditoire, alors que la réalité, selon lui, pousse à placer tout cela dans un cadre à plus ou moins long terme pour voir la tendance des prix indépendamment de la situation politique et sociale difficiles dans tel ou tel pays. Soulignant que les événements dans les pays arabes ne font qu'accentuer la tendance des prix, M. Sarkis préconise d’aborder la question des sources d'énergie dans son ensemble et de se poser la question sur la place de chacune d'entre elles dans le mixte ou le bouquet énergétique que nous voulons pour demain, surtout après la catastrophe de Fukushima au Japon."

  Bien avant les révolutions dans les pays arabes, la tendance des prix du pétrole prenait déjà la courbe ascendante selon M. Sarkis, soulignant qu'au cours des six derniers mois de l'année 2010, entre juillet et décembre plus précisément, le prix moyen du baril de brut, dans ce qui est communément appelé l’"open basket" qui reflète la tendance général sur le marché, est passé de 72$ à 89$ soit une augmentation de 17$.

  Alors pourquoi cette hausse s'était-il demandé? Bien sûr il y a des éléments conjoncturels qui sont liés aux troubles dans les pays arabes mais il y aussi et surtout des inquiétudes qui se manifestent, depuis une dizaine d'années, qui sont liées aux problèmes de l'énergie en général et dont la question centrale reste « comment trouver d'autres sources d'énergies pour demain ». « Jusqu'à quand et jusqu'où la production mondiale peut-elle grimper pour couvrir la demande croissante de la consommation ? ».

  A cette question qui préoccupe plus d’un observateur, M. Sarkis a répondu que l'on commence à croire de plus en plus que le « Peak oil » n'était pas finalement si loin que cela, dans 10, 20 ou 30 ans vraisemblablement. Mais que face à cette échéance qui avance vite, plus vite que l’on ne pensait, M. Sarkis, constate qu'on n'a pas préparé la relève et envisagé sérieusement d'autres sources d'énergie.

  Citant, le "World Energy Report", M. Sarkis a souligné que ce rapport qui est en général plutôt rassurant, change aujourd’hui de ton pour attirer l'attention sur le risque que l'on court si nous ne travaillons pas dès aujourd’hui pour préparer la relève du pétrole. Selon les chiffres dévoilés par M. Sarkis, la consommation mondiale de l’énergie en 2010 à grimpé de 33%, c'est plus que la consommation totale de la Chine et de l'Inde réunis, fait-il remarquer.

  Dans cette consommation, la part du pétrole qui était de 48.5% en 1973 ne représentait plus en 2010 que 33.5% et il continuera à décliner pour atteindre probablement 27% en 2035. Cette baisse substantielle du pétrole dans le bouquet global de l’énergie se fait au profit du nucléaire et du charbon mais aussi au profit des énergies renouvelables. Et si la consommation de l’énergie en provenance du nucléaire augmente de 1,2% l'an celle qui provient des énergies renouvelables augmente de 8%.

  Ces chiffres qui étaient valables bien sûr avant l’accident de Fukushima, sont appelés à un changement sérieux dans les années à venir. Voilà pourquoi il ne faut pas lier le prix du baril de pétrole aux problèmes politiques qui soufflent sur les pays arabes, car comme on peut le constater la tendance profonde montre une forte augmentation de la consommation alors que la production stagne.

  Qu'en est-il alors pour l'avenir ? Les pays arabes disposent de 60% des réserves mondiales prouvées et fournissent plus de 50% de la demande. Si les besoins en investissements dans le secteur de l’énergie dans ces pays, entre 2011-2015, sont estimés à $420 milliards dont $320 milliards pour le pétrole et $100 milliards pour l'électricité, les pays arabes ont besoin aujourd’hui pour éviter de subir la contagion qui souffle dans les pays voisins d’investir dans la paix sociale. Des subventions à l'emploi et pour le maintien des prix des produits alimentaires de base sont annoncées ici et là.

  On annonce des crédits « sans trop savoir où les rechercher et comment les financer ». Par exemple, pour éviter un déficit du budget de l’Etat en Arabie Saoudite on estime que le prix du baril doit évoluer au-delà des 100$.

  Si la révolte dans certains pays arabes trouve ses fondements dans l’aspiration des citoyens à la liberté et à la démocratie, les problèmes liés à l’économie, comme le chômage ou la pauvreté, y sont aussi pour beaucoup.

  Et les gouvernants arabes ne peuvent plus ignorer cela. Pour répondre à la demande de la population, les pays arabes ont besoin de travailler plus avec les pays industrialisés ce qui va booster la coopération et les relations profitables, surtout dans le domaine des énergies renouvelables.
 
  Sur cette note d’optimisme, M. Sarkis à clôturé son intervention ouvrant ainsi une séance de questions réponses et un débat intense avec les participants. A la première question posée par le président de la CCFA à savoir si la production en Arabie Saoudite qui augmente au même rythme que la consommation pouvait retarder le « peak oil », M. Sarkis a répondu que le concept du « peak oil » était indiscutable car vérifiable.

  Il a avancé que sur 90% des gisements le taux moyen de baisse de la production était de 4 à 4.5% par an et rien que pour compenser cette baisse annuel il faut augmenter la production d’au moins autant alors qu’en réalité l'augmentation de la production mondiale est de 0,5% selon l'AIE, y compris le pétrole non conventionnel.

  Quand à la situation en Irak, en Iran, au Soudan et en Libye, M. Sarkis a indiqué que la production en Irak a été gelée pendant longtemps, sinon elle aurait réglé une partie de ce problème. Mais pour l’heure, des appels d’offre ont été lancés et les choses évoluent dans le bon sens. En ce qui concerne la Libye, et bien que les autorités avaient passé des accords pour augmenter la production, force est de constater aujourd’hui qu’il y a une volatilité importante. Pour le soudan, M. Sarkis a indiqué que les réserves étaient importantes mais que la production est moyenne car les interférences étrangères sont importantes,

  Pour finir, M. Sarkis a estimé que tout ceci implique que le prix du pétrole va inéluctablement augmenter, mais d'une façon progressive et supportable pour pousser progressivement à un investissement plus grand dans de nouvelles sources d'énergie.

 

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